Bien nourrir son cerveau

Bien nourrir son cerveau

Haut-lieu du bien-être, de l’intelligence, de la mémoire… notre cerveau est un travailleur acharné, un champion de la communication rapide, qui a des besoins énormes. Ainsi il consomme 20 à 30% du glucose et de l’oxygène, alors qu’il représente à peine 3% du poids du corps !

Cependant avec le stress, le surmenage, les années aussi, il peut, chez certains, mettre plus de temps à réagir, ce qui a des incidences sur la mémoire et la concentration. Une fatalité ? Non : le fonctionnement cognitif, en particulier le processus de mémorisation, nécessitent des nutriments apportés par l’alimentation et ses perturbations peuvent tout simplement être le révélateur de certains déficits.

Les phospholipides et le DHA, briques élémentaires des cellules nerveuses

Un cerveau où le gras est indispensable !

Les membranes cellulaires

Notre cerveau comporte 50 à 60% de matières grasses : la concentration en « gras » la plus élevée après les cellules adipeuses ! Étonnant alors que son carburant principal est le glucose ! La raison est simple : dans le cerveau, pas de tissu de soutien mais une densité de cellules impressionnante, aux formes spécifiques, pour capter, faire circuler, échanger des messages.

Les membranes cellulaires
Les membranes cellulaires

Toutes ces cellules sont délimitées par une membrane composée d’une bi-couche lipidique constituée pour près de 50% de phospholipides dont les principaux sont phosphatidylsérine et phosphatidylcholine. Les chaînes d’acides gras des phospholipides cérébraux comportent plus de DHA (acide docosahexaénoïque) aussi appelé acide cervonique (de la famille des oméga 3), à condition que l’alimentation en apporte suffisamment, puisque l’organisme ne peut le synthétiser.
Ajoutons que les bras longs du neurone (ou axones) sont entourés par les membranes de cellules particulières formant une gaine discontinue, - la gaine de myéline qui permet d’accélérer la conduction du message - composée elle aussi à 70% de lipides.

Le rôle des phospholipides et du DHA dans le cerveau

Les phospholipides
  • Les phospholipides assurent la fluidité et l’intégrité des membranes des neurones1. Des membranes en bon état optimisent le transport des messagers de l’information, les neurotransmetteurs. Pas de bon état de fonctionnement sans une proportion de DHA adéquate. Cette proportion, rappelons-le, varie en fonction du régime alimentaire.
  • Ils ont aussi une action sur la synthèse et la libération des neurotransmetteurs. Ainsi la phosphatidylsérine augmente la libération de dopamine et acétylcholine impliqués dans le processus de mémorisation et d’apprentissage. La phosphatidylcholine permet la production d’acétylcholine et de constituants de la gaine de myéline facilitant la rapidité de véhiculage de l’information1.
  • Quant au DHA il est aussi essentiel pour le cerveau que l’est le calcium pour l’os ! Il agit sur la formation des neurones et sur leur survie, sur la vitesse de transmission des messages nerveux, sur le tonus artériel, sur le transport du glucose, sur la résistance au stress, l’apprentissage et la mémorisation2-3-4-5.

Phospholipides et DHA, constituants membranaires de 1er ordre, sont donc des acteurs nutritionnels essentiels pour le bon fonctionnement cognitif.

Le rôle des vitamines

La vitamine B5 soutient les performances intellectuelles et la synthèse de certains neurotransmetteurs.
La vitamine B6 participe au fonctionnement du système nerveux6 tandis que la vitamine E protège les cellules contre le stress oxydatif, notamment les neurones7.

1. Küllenberg D et al. Health effects of diatary phospholipids.. Lipids in health and disease.2012, 11 :3.
2. Cao D et al. Docosahexaenoic acid promotes hippocampal neuronal development and synaptic function. J Neurochem. 2009 Oct;111(2):510-21.
3. Lukiw WJ et al. A role for docosahexaenoic acid-derived neuroprotectin D1 in neural cell survival and Alzheimer disease. J Clin Invest. 2005 Oct;115(10):2774-83.
4. Layé S. Polyunsaturated fatty acids, neuroinflammation and well being. Prostaglandins Leukot Essent Fatty Acids. 2010 Apr-Jun;82(4-6):295-303.
5. Lavialle M.1, Layé S.2 . Acides gras poly-insaturés (omega 3, omega 6) et fonctionnement du système nerveux central. Innovations Agronomiques 10 (2010), 25-42.
6. Selhub J et al. B vitamins and the aging brain. Nutr Rev. 2010 Dec;68 Suppl 2:S112-8.
7. Lucile Capuron et al. Vitamin E status and quality of life in the elderly: influence of inflammatory processes. Br J Nutr. 2009 November; 102(10): 1390–1394.

Le menu quotidien du cerveau gourmand
Le menu quotidien du cerveau gourmand
Le menu quotidien du cerveau gourmand

undefined

POUR EN SAVOIR PLUS

La nouvelle diététique du cerveau
Dr Jean-Marie BOURRE
Editions Odile Jacob • Mars 2006



Un cerveau à 100%
Dr Eric BRAVERMAN
Editions Thierry Souccar • Décembre 2007